Octobre 2011

Démarche

Je suis sculpteur. Il s’agit d’un état, d’avantage que d’un statut. État perceptif du sculpteur face aux volumes en plein ou en creux, qu’ils aient la dimension de la main, du corps, du jardin ou du web, qu’ils soient le fruit d’un processus industriel ou d’un geste de l’ongle. J’agis depuis cet état de sculpteur.

Ma position ? Elle est en chemin. Elle se défend de toute permanence. Les projets, les chantiers me portent, se portent, m’ouvrent les uns aux autres.

Concernant les techniques : L’acquisition d’un savoir faire augmente et forme la perception du monde, comme une connaissance qui touche le corps, esprit inclus. Collectionner les techniques est une démarche salutaire : d’une part, le nombre de techniques qui s’offrent au multispécialiste le sauve de la fascination que peut exercer UNE technique. D’autre part, dans un contexte où l’hyper-spécialisation est la norme, le multispécialiste peut dire comme Boris Vian «Un Robot-poète ne nous fait pas peur».

Le choix de la forme artistique que prend un projet (installation vidéo, sculpture, audio-guide, site web…) n’est jusqu’ici pas une donnée première : les projets se formalisent généralement après que soit décidé ce qu’il est projeté de partager, avec qui le partager, et dans quel contexte.

Cela étant, je constate un potentiel extraordinaire dans la forme de l’audio-guidage au sens large. Aujourd’hui je poursuis cette voie dématérialisée de la sculpture par prescription.

Parcours

  • 1990/1998 : Je pratique le modelage et la sculpture d’après modèle, pendant 5 ans aux ateliers des arts décoratifs puis, sous la bienveillance de Nicolas Bulloz, sculpteur avec qui je participe à des chantiers de restauration d’édifices des périodes Gothique et Renaissance.
  • 1998/2001 : Pendant mes études de biologie, je suis sensible aux problématiques de la perception, de l’illusion, du complexe. J’établis mon atelier dans une serre abandonnée de l’université.
  • 2001/2002 : Je passe une année d’étude au Canada et ses grands espaces. Le programme d’échange scientifique me laisse liberté de suivre bon nombre d’UV de cours en vidéo et sculpture. Ces quatre années d’étude de la biologie sont conclues par une résidence d’artiste au laboratoire de la vision de l’Université de Montréal.
  • 2002/2004 : Jeune artiste au Fresnoy, j’y réalise Au lieu des autres, installation vidéo vertigineuse et Une ligne, performance photographique à protocole.
  • 2004/2005 : Je prends le parti de m’adresser au gens là où ils sont. J’interviens in situ en considérant les lieux pour leurs spécificités. J’utilise le végétal et sa représentation. Voir Nuage.
  • 2005/2007 : Je m’installe à Marseille, ville de verbe. L’écrit dans l’image et l’image typographique prends de plus en plus de place dans mon travail ; voir Jamais trop (p. 15) et Couchette.
  • 2008/2010 : www.semographe.org projet algorithmique sur le lexique français est développé en collaboration avec Sabine Ploux, chercheuse (CNRS) en traitement du langage. Sur cette question, voir aussi Ne pas nommer.
  • 2009 : Philtre – kit optique pour se voir avec les yeux de l’autre obtient une médaille de bronze au concours Lépine. Je veux tester un système de diffusion non artistique pour cette installation ultra-portable : je monte une entreprise de commerce. Les Philtreraie sont très populaires.
  • 2009/2011 : Un marché publique sur un bâtiment dessiné par Zaha Hadid à Montpellier, est l’occasion de mener une recherche sur la place du texte dans une image stéréoscopique.
    Par ailleurs est développé Feedback – du larsen : performance-concert-conférence.
  • 2010/2011 : Je m’engage dans une recherche sur la prescription de perceptions et réalise l’audio-guide non-localisé Vision parlée, en correspondance avec ICAR, équipe de recherche en traitement d’image à Montpellier. En parallèle est mise au point une méthode pour sentir son corps avoir la forme d’une araignée : Fiction corporelle Araignée.