Janvier 2014

Boris Nordmann, sculpteur de son état, est biologiste de formation et diplômé en 2004 du Fresnoy Studio National des Arts Contemporains.
Son métier est fait d’allers-retour entre science et art.
Il développe ses projets avec des entrepreneurs en biologie1 des chercheurs en psychologie de la vision2 , en analyse d’images (LIRMM, Montpellier)3 en traitement sémantiques du lexique (Institut des Sciences Cognitives à Lyon), en bioacoustique marine (un peu partout), en biologie animale (MNHN, Paris), avec une metteur en scène (Mirabelle Rousseau), un acousticien (Kerwin Rolland), des artistes programmeurs (Alexis Chazard, Gaël Cobert), une poète (Dorothée Volut), des marins, un architecte archéologue (Yves Ubelmann) et un chef opérateur 3D (Alain Derobe).
Il a réalisé des pièces de grande taille comme Nuage, ce champ de tomates hors sol dévalant une colline sur 100x30m, s’est essayé à l’art numérique (en composant la pièce Sémographe), au marché publique (1% artistique, Montpellier), à la performance photographique urbaine (Une ligne), à la réalisation d’un film en 3D (Une ligne), à la création d’entreprise (Philtres), au concours Lépine (Philtre, Kit optique pour se voir avec les yeux de l’autre), au concert-conférence noise (Feedback), à la résidence artistique sur le territoire (Quotidiens dépaysés).

Pour contourner les efforts de réalisation d’oeuvres matérielles, il entreprend une forme de sculpture par prescription : d’abord en réalisant un audio-guide non localisé (Vision parlée) qui donne à l’auditeur des consignes de vision, puis en développant les Fiction corporelles, qui sont littéralement des méthodes pour se sentir autre : se sentir araignée, se sentir agglomération de Marseille, se sentir cachalot.

Devenant père, son intérêt pour la relation qui peut s’établir avec des mammifères marins s’est intensifié : comment l’humain peut se placer dans une position d’apprentissage (et non d’enseignant) vis à vis des dauphins, bélugas, cachalots et autres odontocètes (Projet Echo). A cette fin, il s’engage dans une série d’apprentissages, pour se mettre dans le bain : écholocation humaine auprès de formateurs aveugles (Daniel Kish et Tom de Witte), technique vocale (avec la performeuse Natacha Musléra), plongée en apnée avec un formateur qui dit apprendre des dauphins (Frédéric Chotard), Kayak, Danse Contact et Composition Instantanée (ateliers avec Mathilde Monfreux et Robin Decourcy), et méditation Vipassana. Aux Caraïbes, il rencontre un marin escroc et fou. De retour, sain et sauf, il invente une cagoule de plongée sans électronique pour entendre d’où vient le son : qu’un plongeur puisse localiser à l’oreille quel dauphin
vocalise.